1.29.2009
29.10.09
J’ai tendance à croire que nous sommes des passades dans la vie des gens. Que nous entrons dans leur vie pour leur apporter quelque chose de spécial. De l’amour, de la joie, une simple expérience. Ou, en revanche, pour leur faire goûter aux terribles souffrances de la trahison, l’insuffisance et le mensonge. En gros, quoique l’on fasse, nous ne faisons que passer ; c’est pourquoi on ne peut pas s’éterniser longuement sur une seule et unique relation. C’est pourquoi on est incapable d’aimer à la même fréquence que la personne que l’on assiste. Bien sûr que l’on aura toujours à apprendre d’une personne, simplement parce qu’elle change et nous aussi et que l’on peut se suffire à deux mais il y a plus : il y a des gens qui ont besoin d’être sauvés. Des gens à qui on doit donner des claques pour qu’ils délaissent leur naïveté ou au contraire des gens trop irritables qu’il faut aimer beaucoup pour quelque temps, histoire de leur donner tout ce qu’ils sont venus à manquer dans leur triste enfance. C’est pour cela qu’on ne devrait pas reprocher aux gens de ne pas comprendre, de ne pas suffire, de constamment décevoir car en quelque sorte, ils font de nous tout ce que nous sommes réellement. Leur reconnaissance nous construit, leur peur nous déstabilise, leur colère nous fragilise et leur souffrance nous sensibilise. Voilà ce que nous sommes. Des passages, des aides, des instants.
1.17.2009
Mes idéaux sont hors de vue et mon angoisse se fait imposante. Je tremble, j’ai peur. Je les ai perdus. J’aurais tant voulu qu’ils restent, j’aurais tant voulu les regarder une dernière fois, ou les recopier, savoir comment poursuivre. Je marche, seule. Et je ne vois pas où je vais, je ne sais plus d’où je viens. Ni pourquoi, ni comment je me suis retrouvée ici. Mes envies se perdent dans la foule de mes sentiments enlacés comme des lianes, qui ne demandent qu’à se délier. Mon cœur est serré comme menaçant d’imploser. Ma colère est grande, mon esprit est déraison. Tout est folie. Comment les retrouver ? Qu’étaient-ils auparavant, je ne le sais même plus. Je marche aveugle, inconsciente, sans but, sans rêve, sans fin. Mais je marche et je ne sais pas pourquoi. Je dois à tout prix les trouver. Mais je sais qu’ils ne me rendent pas infiniment heureuse, je sais qu’ils m’abandonneront à nouveau. Et quelle est cette lumière qui, d’un coup m’ébloui ? Quel est ce soleil qui vient illuminer les ténèbres de mon existence, qui est capable de m’apporter un peu d’air. Je la vois et marche vers elle. Elle est désormais mon seul point de repère, mon seul espoir. Je ne peux la saisir mais reste cependant auprès d’elle. Je sais qu’elle m’aidera à retrouver mes idéaux, je sais qu’elle sera là, qu’elle me connait et fera de son mieux. Je sais qu’elle m’est aux moments les plus effrayants, constamment présente. Je sais qu’avec elle je suis en sécurité. Mais pour combien de temps ?
29/08/08
Malgré tous mes progrès et toutes les réponses que je trouve à mes questions, je ne me sens jamais vraiment à ma place dans ce monde. Peut-être soudainement, aux endroits aux quels je me trouve, les personnes avec les quelles je partage mes avis ne sont pas suffisamment convaincantes ou intéressantes. Il est des fois où je me sens meilleure que les autres, c’est-à-dire que je conserve l’espoir de trouver un jour cette personne qui me comprenne mieux, qui est dans la même situation. Il est d’autres jours où, en revanche, je me sens délaissée, mal aimée. Je ne me sens tout simplement pas à la hauteur. C’est futile et bête dans le fond. C’est le genre de sentiment que l’adolescent ressent parce que c’est ce qu’il craint le plus : le rejet. Je croyais avoir dépassé ce stade d’inquiétude ; je sais avoir évolué dans nombreuses situations. Mais apparemment, il y a constamment cette impression de non-appartenance qui persiste. Je ne sais pas pourquoi, paradoxalement, il y a la peur d’appartenir à la société, d’être dépendant d’autrui et donc de ne pas pouvoir se distinguer. Mais que ne ferait-on pas simplement pour être aimé ? On a le choix. Le choix de passer pour l’anormal mais différent, et ce dans le bon sens du terme ou alors, d’être le sombre idiot qui suit la masse, qui fait comme les autres mais qui au moins aime et est aimé en retour, inconditionnellement. J’ai le choix. Mais c’est, aujourd’hui du moins, un énorme dilemme.
On ne comprend pas pourquoi l'on s'attache à la personne qui jamais ne s'attachera à nous. Afin de prouver au monde qu'on est capable d'aimer, souffrir, tout encaisser ? C'est si inexplicable et pourtant si peu subtil : l'amour est un combat. Constant et acharné. Il s'obstine à croire qu'un jour où l'autre, le vent tournera. Et qu'enfin il sera récompensé. Mais qu'est-ce qui nourrit cette attente d'un jour nouveau ? Qu'est-ce qui alimente notre passion charnelle, notre désir si idéal, nos illusions si folles ? L'amour est un combat dont l'arme est l'indifférence ; fatale et si blessante. Mais on continue à tout donner inconditionnellement. Je continue à tant donner, tant espérer. A m'accaparer cet amour que je crois mériter, cette vie qui m'est destinée. Mais je suis déçue. Perpétuellement déçue. Parce que les gens n'aiment pas ou pire, aiment ailleurs. Parce que je ne vaux pas grand-chose, qu'on ne me préfère pas aux plaisirs éphémères et soudain si faciles. Il y a une part de moi qui est envieuse, cruellement jalouse. Je me demande souvent jusqu'où je pourrais encore me battre et avec quelle obstination infatigable. Me battre pour ce que je veux, pour ce que je sais me rendra heureuse. C'est dur de s'attacher à quelqu'un qui ne veut pas de nous, incroyablement difficile. Je ne pense pas qu'une personne puisse vraiment se rendre compte de la souffrance que cela implique, parfois inconsciemment. Mais c'est vraiment un lourd fardeau que de ne rien porter justement ; aucuns sentiments réciproques, aucune sécurité, aucun avenir. Et les gens ne se plaignent quasiment jamais de cette soudaine absence d'amour. Ils subissent, car il est bien connu que l'amour, en plus d'aveugler les gens, les rend stupides. On accepte de tout donner et ne rien recevoir mais il est un point où l'on doit rendre les armes, où lutter vainement n'est plus envisageable. Et l'idéalisme n'aide en rien là-dedans. Il alimente le travail acharné que l'on s'obstine à exécuter en construisant un mur de béton, volontairement parfait et indestructible. Ne pas lâcher prise, ne pas tourner la page revient alors à foncer droit dans le mur que nous avons-nous même construit. Où à sauter à pieds joints dans le trou que nous avons creusé, cherchant désespérément un peu d'amour comme une personne assoiffée le ferait, cherchant de l'eau dans un vaste désert, sous l'emprise de sa folie. Je n'ai pas encore envie d'affronter la triste réalité. Je n'ai pas encore envie de me cogner à cette muraille de déception. J'ai envie d'y croire plus que jamais. De voir mon mur s'effondrer tout seul, de découvrir ce qu'il s'y cache de l'autre côté ; le bonheur, le vrai, celui dont je rêve tant. Mais je n'arrive pas à avancer. Oui, c'est inhumainement douloureux d'aimer. Aimer dans le vide, aimer sans relâche. Aimer pour prouver. Je ne veux plus de tout cela. Je veux aimer pour être aimée. Aimer pour suffire. Aimer pour être heureuse. Aimer pour vivre.Je vous donnerais tout. Absolument tout. Prenez ce qui fait de moi la fille que je suis, faites de mes rêves vos atouts les plus puissants, détruisez les souvenirs qui me tiennent en vie. Je vous donne tout. Tout en échange de l'Amour le plus fort et le plus vaillant qui soit.
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